Réforme dentaire : ça grince des dents !

Réforme dentaire

Ça grince des dents !

Après un échec de la négociation conventionnelle, l’assurance-maladie a décidé de procéder à un arbitrage concernant la revalorisation des tarifs des soins dentaires. Au programme, plafonnement des tarifs des prothèses dentaires et augmentation de la base des remboursements.
Qu’est-ce que la réforme va changer pour les patients ? Pourquoi les chirurgiens-dentistes ne sont pas d’accord avec la réforme des tarifs décidée par le gouvernement ?

La réforme dentaire pour les patients

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Crédit photo : Pixabay

C’est l’heure de faire votre plus beau sourire, les tarifs de vos soins dentaires devraient être prochainement soumis à une baisse ! Lorsqu’on sait que plus de 30% des Français ont renoncé à des soins dentaires en 2016 faute de moyens financiers, l’initiative semble arriver à temps pour les patients. Ce changement a été annoncé ce jeudi 9 mars par Marisol Touraine, Ministre de la Santé.

Comment se traduit la réforme dentaire ?

  • La consultation de base demeure à 23€ en métropole,
  • Le plafonnement tarifaire des prothèses dentaires sera limité à 660€ d’ici 2018, puis à 570€ d’ici 2020 à Paris, dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine, l’Essonne et certains DOM-TOM,
  • Le plafonnement tarifaire des prothèses dentaires sera limité à 550€ (d’ici 2018, puis à 510€ d’ici 2020 dans les autres régions,
  • La base du remboursement des couronnes passera de 107,5€ à 120€,
  • Le suivi bucco-dentaire des 21-24 ans ans sera entièrement pris en charge,
  • Les diabétiques se verront rembourser certaines prestations liées à des pathologies de la gencive et de l’os jusqu’à 390€.

L’objectif de l’Assurance-maladie est de réaliser une économie de 290 millions d’euros et d’atteindre 470 millions d’euros grâce à la revalorisation des honoraires remboursés.

La réforme dentaire pour les chirurgiens-dentistes

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Pexels.com

C’est un coup de pied dans la fourmilière pour les chirurgiens-dentistes. Depuis 1970, la revalorisation des tarifs du secteur était restée intouchée grâce à une convention médicale de droit privé entre les praticiens et l’assurance-maladie. Cette dernière fixait notamment le prix de la rémunération des actes.
Le passage en force du gouvernement a soulevé la colère de la profession lors d’une manifestation vendredi 10 mars où plusieurs milliers de professionnels de santé ont défilé dans les rues à Paris.

Du côté praticien, que dit la réforme ?

  • Le plafonnement des tarifs des prothèses est un véritable problème, ces dernières apportent la rentabilité nécessaire au bon fonctionnement des cabinets médicaux en compensation des petits actes, souvent réalisés à perte,
  • Les nouvelles méthodes de prévention sont ignorées par l’Etat qui préfère rembourser les soins une fois les dents et gencives touchées (remboursement à 100% de l’extraction dentaire et des prothèses),
  • Lorsque l’assurance-maladie « fait un effort sans précédent » en mettant sur la table 806 millions pour quatre ans, le geste est jugé insuffisant par rapport au 2 milliards demandés par la profession.

Le ressenti des étudiants dentaires

Côté étudiants, le bilan n’est pas plus positif. Les futurs chirurgiens-dentistes se sentent lésés par cette décision arbitraire. La sensation que l’Etat impose désormais ses solutions sans écouter les professionnels de santé, leurs besoins ou leur connaissance du terrain est bien présente. Une frustration d’autant plus grande qu’elle remet en cause le contenu de leurs cursus : cette réforme dentaire ne permettra pas de suivre les évolutions techniques du secteur. Quant à l’application des techniques vues en cours, elle sera impossible.

Un encadrement jugé trop strict dont les dentistes ne sont pas les seuls touchés. Le 23 mars prochain, les radiologues seront à leur tour en grève contre une baisse des tarifs décidée, à nouveau, de manière unilatérale par l’assurance-maladie.

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