Qu’est ce que la télémédecine ?

Depuis 2010, le code de la santé publique
comprend la télémédecine

Il s’agit d’actes médicaux réalisés à distance, mais aussi de services de santé à distance. La télémédecine peut représenter une réponse adéquate aux problèmes auxquels est confronté le système de soins français et comporte plusieurs volets.

La télémédecine, un secteur à plusieurs volets

La télésurveillance

Il s’agit de l’interprétation à distance des données nécessaires au suivi médical du patient, de la surveillance de son état de santé général (pouls, tension…). Cette interprétation peut amener à une décision de prise en charge ou non.

©PASCAL LACHENAUD / AFP
©PASCAL LACHENAUD / AFP

La téléconsultation

C’est la consultation à distance par un professionnel de santé pour aider le patient et lui fournir un diagnostic.

La téléexpertise

C’est la sollicitation de la part d’un professionnel médical à distance de l’avis d’un de ses collègues, sur base de ses compétences plus poussées dans un domaine ou de sa formation. Il s’agit de conseil.

La téléassistance médicale

Elle permet à un professionnel de santé de se faire aider par un autre praticien à distance pendant un acte médical.

© Max PPP
© Max PPP

La régulation médicale

Ici, ce sont les médecins des services d’aide médicale d’urgence (SAMU – Centres 15) qui sont habilités à faire un début de diagnostic par téléphone pour pouvoir orienter le patient et estimer l’urgence de la situation.

Le terme « télémédecine » englobe plusieurs innovations

  • Les télécabines : Ce sont des cabines médicales dans lesquelles le patient peut s’installer. Il y trouvera un écran, où il pourra voir le médecin et communiquer avec lui.
    Guidé par le praticien, le patient pourra grâce à cette cabine prendre lui-même son pouls, sa tension, sa température, son taux d’oxygénation du sang mais aussi réaliser des actes de dermatologie ou d’ORL.
    Cela permet de déterminer les situations d’urgence ou non afin d’orienter le patient et d’agir en conséquence.
cabine-teleconsultation
Cabine de télémédecine H4D (source: H4D)
  • Les sites de mise en relation médecins-patients
  • Les sites de mise en relation médecins-médecins
  • Les sites de conseil via Chat

Quelles évolutions pour la télémédecine ?

Les ARS (Agences Régionales de Santé) de différentes régions investissent de plus en plus dans la télémédecine.
Par exemple, ARS Midi Pyrénées a décidé d’investir 15,7 millions d’euros sur 3 ans pour la télémédecine et la e-santé. De la même façon, les hôpitaux s’équipent pour pouvoir faire des consultations à distance, notamment en gériatrie.
Autres exemples
Dans la résidence des Peupliers de Villerupt comme dans d’autres centres, le médecin coordinateur procède à des consultations médicales à distance avec l’un de ses confrères qui peut voir et entendre tout ce qui se passe dans la pièce.
Si besoin est, le médecin coordinateur fait des gros plans de son patient et lui envoie des photos.
En Auvergne, le dépistage du DMLA, maladie dégénérative qui touche le centre de la rétine et entraîne une perte de la vision centrale, a été mis en place par télémédecine entre le 22 et le 26 juin dernier dans les zones rurales.

Le scandale AXA

Récemment, l’assureur Axa a décidé de lancer son propre service de téléconsultation médicale. L’entreprise a recruté une équipe de 29 médecins urgentistes qui répondent aux appels des adhérents pour établir un diagnostic.
L’Ordre des Médecins est inquiet. En effet, l’une de ses interrogations relève du contrôle des données médicales ; si l’assureur peut récupérer toutes les données médicales de ses patients, va-t-il modifier ses offres selon celles-ci, ce qui va également à l’encontre du droit à l’oubli ?
De plus, ne serait-on pas en train de créer un système qui va faire doublon avec le parcours de soins coordonnés?
Axa a répondu concernant le traitement des données; l’assureur ne s’en servira pas.

Aujourd’hui, qui sont les acteurs de la télémédecine ?

  • Les éditeurs de logiciel
  • Les fabricants de matériel informatique
  • Les fabricants de dispositifs médicaux
  • Les cabinets de conseil
  • Les fournisseurs de service à la personne
  • Les assureurs
  • Les fournisseurs de services de télémédecine
  • Les laboratoires pharmaceutiques
  • Les opérateurs de télécommunications
  • Les hébergeurs de données de santé

Avantages et freins à la télémédecine

Quels avantages pour le patient et le praticien ?

Réduire les inégalités d’accès aux soins en France

Aujourd’hui les jeunes médecins ont de moins en moins le désir de s’installer en campagne et les médecins plus expérimentés ont du mal à trouver des remplaçants, ce qui crée des déserts médicaux relativement importants et des cabinets surbookés.

A la campagne et dans les territoires isolés, il faut parfois faire plus de 30 kilomètres pour pouvoir trouver un médecin de garde.

Le principe de téléconsultation est une bonne alternative : les personnes âgées ayant des difficultés à se déplacer pourraient ainsi consulter tout en restant à domicile.

Nombre de médecins (généralistes et spécialistes) pour 100 000 habitants

Nombre de médecins (généralistes et spécialistes) pour 100 000 habitants (source: Lutte contre les déserts médicaux)

Faire voyager l’information et non le patient

La télémédecine permet une surveillance constante des donnés qui concernent celui-ci pour une meilleure réactivité et un suivi plus intéressant au moment de la consultation. Elle fournit un gain de temps au médecin, qui n’a pas systématiquement besoin de se déplacer, de faire des kilomètres pour atteindre l’un ou l’autre de ses patients. Elle réduit également le temps d’attente.

Mieux orienter le patient

Par ailleurs, cela permet d’orienter le patient directement vers le bon format de soins, le bon médecin, le spécialiste qui saura peut-être mieux répondre à sa demande et à son problème médical, en évitant un déplacement de plus chez le généraliste notamment.

Discussion et échange d’informations

De la même manière, elle encourage également la possibilité de discussion entre praticiens et l’échange d’informations qui peuvent aider au traitement. La collaboration amène au mélange de compétences complémentaires.

C’est aussi une certaine manière de remettre le patient au cœur de sa santé puisqu’il en est un plein acteur et peut ainsi apprendre à se monitorer lui-même, cela l’encourage à suivre sa propre situation médicale.
De plus, elle permet la collecte de données qui seront utiles à la recherche et à l’amélioration des possibilités de soin.

Quels sont les inconvénients qui se présentent ?

La télémédecine, comme toutes les technologies relativement récentes, connaît également des détracteurs. En effet, il existe plusieurs freins à l’installation de la télémédecine ou plus précisément d’éléments comme la télécabine.

Perte de lien avec le médecin

Malgré l’avantage que la téléconsultation (notamment) présente dans les déserts médicaux, il existe un risque de perte de lien avec le médecin, en particulier avec les personnes âgées parmi lesquelles le risque de solitude est plus élevé.

Cette « déshumanisation » de la relation médecin-patient peut amener le patient à être plus inquiet mais risque aussi d’entraîner une automatisation des soins et donc à fortiori un mauvais traitement, pas forcément adapté au patient. La vue et le toucher restent toujours importants dans le diagnostic.

Coût des équipements

La mise en œuvre de ces appareils reste très couteuse, que ce soit dans l’acquisition, la maintenance, mais aussi et surtout dans la formation des professionnels (et des patients) qui vont les utiliser.

Protection des données à caractère personnel

Enfin, il existe aussi toujours une inquiétude quant à la transmission des données de santé, qui peuvent être facilement manipulables. La CNIL a cependant assuré son contrôle de ces données de santé.

Formation des professionnels et pratiques encadrées

Pour que la télémédecine connaisse un réel succès, il faut que les industriels et les professionnels de santé travaillent ensemble afin de développer des systèmes qui conviennent au patient comme au médecin.

L’objectif de la télémédecine n’est pas de remplacer les médecins, mais bel et bien de les assister au quotidien pour simplifier le contact et aider le diagnostic en réduisant la perte de temps (transports par exemple).

D’autre part, une des clés de ce succès est aussi la formation des professionnels de santé à ces techniques innovantes de même que la facilitation à l’accès au remboursement pour la télémédecine.

Ces pratiques doivent être également très bien encadrées et surveillées pour ne pas tomber dans les dérives que pourrait amener le numérique.

Retrouvez ici toutes les informations relatives au monde de la télémédecine dédiées aux professionnels de la médecine, aux établissements de santé, au personnel administratif de la médecine, aux industriels et aux patients : http://www.telemedecine-360.com/

Sources :

Rapport Syntec Numérique – Télémédecine 2020, faire de la France un leader du secteur en plus forte croissance de la e-santé

Site de santé gouvernemental – La télémédecine

Le Républicain Lorrain – Villerupt, la télémédecine branche les maisons de retraite

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